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“AU-DELA DE L’IMAGE : Marie-Anita GAUBE”

Marie-Anita GAUBE

jusqu’au 31 juillet 2021

Essayer de décrire la peinture de Marie-Anita GAUBE ressemble à conter un rêve : dans un univers onirique, des paysages, des natures mortes et des intérieurs se télescopent avec une logique qui garde, comme les titres de ses toiles, tout son mystère.

  • LA MORT VOUS VA SI BIEN, Huile sur toile, 146 x 114 cm, 2017, 4500€

Devant nos yeux, défile, en mode « remix », toute l’histoire de la peinture que cette artiste érudite a reprise et détournée à ses fins. On y retrouve de l’incongruité naïve des maîtres flamands, d’inquiétantes hallucinations de Bosch ou Goya, des fantasmes fanés de Redon, des rêvés exotiques de Gauguin, des détonations picturales fauvistes, des lumières de Bonnard, des aplats savants de Matisse, de l’ambiance carnavalesque d’Ensor, de la métaphysique de Chirico, de la rage de l’abîme de Bacon, de l’intensité de l’expressionnisme abstrait, de la jouissance pop de Hockney ou bien encore du lyrisme coloré de Doig… Ces palimpsestes, fruits de tissage de richissimes références, se révèlent proches des montages surréalistes ou cinématographiques où les énigmes s’emboitent dans une logique inconnue.

En déconstruction et reconstruction permanente, éphémère et transitionnel, instable, fantomatique et hybride, l’univers de GAUBE révèle une construction mentale complexe. Les jeux des juxtapositions, des superpositions, des imbrications de plans, la discordance d’échelle forment un rebus dense et féérique, à la lisière du virtuel et du réel, de l’archaïque et du futuriste, du mythologique et du personnel.

En fragile équilibre, les plantes luxuriantes, les animaux exotiques, les paysages psychédéliques, les masques primitifs, les figures grotesques, les objets énigmatiques, les corps absents et fragmentés créent ce lieu instable et incertain, hors temps, qui suscite simultanément le malaise et la fascination du spectateur.

Comme l’a écrit Jean-Pierre Pernuit, la peinture de Marie-Anita GAUBE est une vraie invitation à regarder et à voir « au-delà de l’image », au-delà de ce que nous sommes habitués à appeler « le réel », qui se révèle comme une des possibilités dans une infinité d’autres.

Comité Professionnel des Galeries d'Art