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“MUSES” : ANJA MICHAELA | MARCEL FLEISS

12 décembre 2019 – 20 mars 2020 | Communiqué de presse

Il y a quelques mois, ANNE+ a accueilli une exposition quasi vide mais débordant d’histoires, il était temps d’en faire une autre, silencieuse et remplie de musique… Imaginée en deux volets, avec deux personnalités qui n’ont rien et tout en commun, l’exposition MUSES joue avec la mémoire de la musique et ses fantômes.

  • Anja MICHAELA, vue de l'exposition "MUSES"

Dans la mythologie grecque, Mnémosyne, la déesse de la mémoire, est la mère des Muses qui soufflent les idées aux artistes. Elles ont aussi donné leur nom à l’art de la musique qui est, pour la sculptrice et performeuse allemande Anja MICHAELA, une inépuisable source d’inspiration. Ses œuvres, créées à partir d’instruments récupérés, portent des souvenirs de rythmes longtemps évanouis.

On retrouve les saxophones, les trompettes, les clarinettes, les pianos et autres chez Marcel FLEISS qui a aussi compris que l’improvisation, le métissage et l’ouverture aux possibilités est l’essence de la créativité. Ses photographies ont capté une énergie légendaire des années d’or du jazz, cette musique qui se distingue, comme les sculptures de MICHAELA, par une relation toute particulière au temps.

Deux artistes, guidés par la même MUSE, mais, évidemment, leur silence ne fait pas le même bruit…

Déconstruits et reconstruits, réassemblés, déformés, boursouflés, tordus, cabossés et tortillés – Anja MICHAELA opère de vraies transformations sur les instruments qui gagnent une sorte de vie nouvelle, animée d’un souffle invisible et puissant. Troublé, le spectateur est poussé à imaginer une musique distante, une réminiscence du passé, mais également le potentiel de sons à découvrir.

Conceptuelles et poétiques, ses sculptures sont dotées d’une existence propre, d’une vraie présence. Spectaculaires, baroques, sophistiquées et exubérantes, certaines font penser à un bestiaire fantastique, d’autres à des personnages, masques ou divinités oubliées. Osons l’écrire, elles s’approchent à ce qu’on pourrait nommer une vraie beauté plastique.

Tandis que plusieurs sculptures évoquent un pur art abstrait de l’arabesque et visualisent ainsi des sons métamorphosés dans la mémoire, le travail de MICHAELA tisse également des liens forts avec l’art d’Eva Hesse et Rebecca Horn. On retrouve chez elle une vraie transversalité permettant des contaminations entre différents mediums où plusieurs sens du spectateur sont engagés: la vue, le toucher et l’ouïe. Ses œuvres, qui se jouent en plusieurs dimensions temporelles, sont une audacieuse tentative de rendre tangible l’invisible, toujours sans faire un seul son. Comme le disait John Cage, il y a de la musique dans toute chose, surtout dans le silence, il faut juste apprendre à écouter…

En écho à la musique imaginaire d’Anja MICHAELA, les photographies présentées dans le deuxième volet de l’exposition MUSES, touchent à une autre sorte de souvenirs musicaux. Elles témoignaient de l’âge d’or du jazz et de ses génies, Miles Davis, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Erroll Garner, Billy Taylor, John Lewis, Lester Young, Ella Fitzgerald, Lee Konitz, Stan Getz, Milt Jackson, Art Blakey, Nat King Cole et Sarah Vaughan, immortalisés par un personnage hors du commun.

En effet, Marcel FLEISS est, comme on aime chez ANNE+, un homme à plusieurs casquettes, photographe, mélomane, collectionneur et marchand d’art, un ami et connaisseur des surréalistes et dadaïstes. Sa célèbre série des photographies Jazzmann fait travailler la mémoire du temps mythique des années 50 à New York et ses clubs, comme Birdland ou l’Apollo à Harlem. A l’époque, elles étaient publiées dans la plus ancienne revue française de Jazz – « Jazz Hot ». Leur auteur était aussi le premier à écrire et à parler en France sur Charles Mingus, Gigi Gryce, George Wallington et Charlie Smith.

De retour à Paris, toujours en contact avec ses amis musiciens, Marcel FLEISS les a souvent aidé à venir jouer dans les clubs de Saint-Germain en immortalisant leurs concerts à l’occasion. Aujourd’hui, ses photos sont des trésors de la mémoire du jazz, déjà exposées à la Villa Getty à Los Angeles, au musée de Reina Sofia de Madrid ou encore au Centre Pompidou à Paris.

MARCEL FLEISS
Né en 1934 à Paris, vivant au Brésil pendant la guerre, Marcel FLEISS est envoyé par ses parents au début des années 50 à New York pour apprendre le métier de pelletier. Là, il tombe amoureux du jazz et photographie les grands musiciens de l’époque. De retour en France, voisin avec Drouot, il découvre l’univers du marché de l’art. En 1969 à Vence, il rencontre Man Ray qui devient son ami et qui finit par le convaincre d’ouvrir une galerie. Cofondateur de la Galerie des Quatre Mouvements (1972-1976), FLEISS expose Dada, surréalisme, Pop Art et Hyperréalisme américain, et en 1981 ouvre sa propre Galerie 1900-2000, dirigée aujourd’hui par son fils David, où il montre les avant-gardes ainsi que le lettrisme, le Fluxus et les grandes figures d’art contemporain comme Pol Bury, George Condo, Jean-Michel Basquiat ou Keith Haring. Spécialiste de l’art moderne, sa vie ressemble à un musée et ses expositions de la rue Bonaparte sont de vraies légendes.

ANJA MICHAELA
Née en 1966 à Coblence, Allemagne, elle cumule les expériences et formations, entre histoire de l’art, philosophie, orfèvrerie et enfin sculpture à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Karlsruhe dans la classe de Stephan Balkenhol avant de rejoindre la classe de Tadashi Kawamata à l’ENSBA de Paris. Elle expose régulièrement en Allemagne et en France où elle a séjourné en résidence à la Cité des Arts à Paris et à Meisenthal en Moselle.

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