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| MATHIEU BRIAND In Memorial of Albert Hofmann 1906 - 2008 | |
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"Plus l'on regarde profondément à l'intérieur de la nature vivante, plus on se rend compte à quel point elle est merveilleuse. La conscience est tout simplement le plus grand cadeau du Créateur aux hommes ; le fait d'avoir une conscience et de pouvoir prendre conscience de notre création - et de ne pas seulement traverser aveuglément le Paradis." (Albert Hofmann)
Maudit pain sur diable, 2009, farine, ergot de seigle, pompe à vide, diable ; My Bakery, 2009, vidéo, iPod, édition 1/3 + 1 AP Protégé sous une cloche à vide, le Maudit pain sur diable contient l’ergot de seigle responsable d’épidémies d’ergotisme au moyen-âge. Ce champignon est aussi à l’origine d’une intoxication spectaculaire qui a frappé en 1951 la ville de Pont-Saint-Esprit dans le Gard. Parmi les clients de la boulangerie Briand (!) on a compté plusieurs morts, des internés dans des hôpitaux psychiatriques, des personnes présentant des symptômes d’hallucinations, de folie et de nombreuses tentatives de suicide… Préparé cette fois-ci par l’artiste, ce « pain de transgression», toujours aussi dangereux que fascinant, devient une substance maitrisée, dont le processus de fabrication est enregistré dans la vidéo sur l’IPod posé non loin de là. |
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Uniforme spécial, 2009, blouse de laboratoire sérigraphiée, gants de chimie en nitrile, masque de protection UV Les blouses de « laboratoire de la conscience » de Mathieu Briand sont imprimées d’un signe-hybride rappelant le fameux cristal de Superman et le logo de la société pharmaceutique Sandoz qui commercialisait le LSD dans les années 50. Le symbole de Superman, présent sur les premiers buvards de LSD, réactive une histoire personnelle de l’artiste, où la confusion de la réalité et des rêves a conduit son amie à une fin tragique. Toute expérimentation exige la maitrise de soi-même, des outils et du dosage… |
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1938, 2009, bocal, seigle, ergot de seigle, flacon, liquide, plateau gravé Voici l’œuvre intitulée 1938, date de la première synthèse du LSD par Albert Hofmann à partir d’un dérivé de l’ergot de seigle. Enfermé dans un bocal identique à celui utilisé par le fameux chimiste, le seigle contaminé par l’ergot est placé sur un plateau gravé d’un symbole inventé pour l’occasion par l’artiste et accompagné d’une fiole à delysid, l’ancienne dénomination du LSD. L’origine retrouve sa finalité, la nature se reflète dans la science, la boucle est bouclée… |
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Formule magique, 2009, néon sur plaque métallique Avec une force hallucinatoire et angoissante, le grand néon sur la cimaise centrale reproduit la structure chimique du LSD. Il incarne toute la promesse de cette « substance magique », ce « révélateur d’âme », une des drogues les plus puissantes, qui offre une détente, une libération, une extase mystique mais aussi quelques fois la souffrance d’un bad trip. |
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Antidope, 2009, sticker, fichier électronique, édition 1/3 + 1AP Au cas où le voyage psychédélique devient trop risqué, on peut toujours compter sur l’antidote du LSD produit par la société pharmaceutique Sandoz et sagement proposé par Mathieu Briand sous forme de sticker. Entre un monde virtuel et une sobre réalité, à vous de choisir… |
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Notice magique, 2009, impression jet d’encre, diasec, édition 1/3 + 1AP Il y a aussi cette Notice magique, qui reproduit en taille XXL et avec un flou intentionnel l’information pharmaceutique accompagnant le LSD à l’époque où cette substance était considérée comme un précieux médicament employé par les psychanalystes et joyeusement autoexpérimenté … avant son interdiction en 1966.
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Laboratoire de rêve, 2009, laboratoire de chimie, ergot de seigle Au centre de l’espace se trouve le laboratoire de rêves (et de cauchemars) prêt à produire une substance nécessaire pour franchir la porte de la perception (si on le souhaite…). Avec tout son humour provocateur, Mathieu Briand offre un monde des possibles, un regard vers l’intérieur de la création. Il nous offre tout simplement un rêve.
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Cercles hypnotiques, 2009, moteur, leds, contrôleur informatique Des flashes rouges au fond d’un couloir sombre annoncent les Cercles hypnotiques. Placée dans le noir et composée de diodes fixées sur des hélices tournantes, l’installation nous immerge dans un univers de sensations fantomatiques, où le rêve et la réalité se mélangent en doses incontrôlées. Cette « cible hallucinatoire » réactualise non seulement la célèbre roue de bicyclette, ready-made de Marcel Duchamp et ses rotoreliefs en version « acid », mais renvoie aussi à une histoire bien plus ancienne, celle de la caverne de Platon avec ses ombres illusoires. La vérité qui fuit le regard… |
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Holy Stabily, 2009, balance, poids-étalons, « The Complete Works of Marcel Duchamp», éditions Deland Greenidge, « The Holy Bible: Old Testament » par David Hammons n° 23 Quelle est la différence entre un livre des écrits complets de Marcel Duchamp et un ready-made de David Hammons, réplique du même livre présentée sous la forme d’une Bible ? Voici ce que tente de quantifier Mathieu Briand en inventant ce système de mesures surprenant. Il réactive également le concept duchampien de « l’inframince » qui définit les limites extrêmes des choses, « un seuil fragile et ultime qui sépare la réalité de sa totale disparition ». C’est justement cet entre-deux qui compte, cette différence qui ne peut pas être perçue mais qui doit être imaginée. |
400 Apprentis dans le soleil, 2009, impression sur buvard, liquide Cette appropriation d’un dessin de Marcel Duchamp reproduit l’image de l’apprenti cycliste en 400 petites icônes (symbolisant chacune une dose de LSD) où le personnage représenté devient un « initié psychédélique » à la recherche de la connaissance et de la maturité spirituelle. On retrouve ici également l’allusion à un célèbre voyage hallucinatoire en vélo d’Albert Hofmann après avoir testé sur lui-même le LSD. L’image dont le revers reste invisible est en effet imprimée sur un buvard populaire représentant cette histoire mythique. Entre les deux côtés de la feuille, l’artiste interroge « l’inframince ». |
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Fitcaohcysp mures, 2009, verre, liquide, édition 3 + 1AP Ce détournement du célèbre ready made de Marcel Duchamp, Air de Paris, rend paradoxalement à l’ampoule pharmaceutique sa fonction initiale de récipient à médicament. Et pourtant, comme l’indique le texte gravé à l’envers et lisible à travers la boule, ce qu’elle recèle n’est en aucun cas un sérum soignant des infections mais celui qui enflamme et excite les sens…
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The Bicycle of the Day, 2009, vélo, tabouret, rotoreliefs Cet étrange objet venu des rêves, n’est ni une roue de bicyclette, le premier ready-made de Marcel Duchamp, ni un de ses rotoreliefs (disques avec des motifs graphiques à base de spirales qui donnent en tournant l'illusion de formes en 3D), ni le vélo d’Albert Hofmann lors de son voyage mythique (l’artiste a retrouvé un modèle identique à celui d’origine). Cet objet hybride qui lie toutes ces histoires nous propulse dans l’imagination sans limite de son créateur. « Passez la porte de la perception, transformez vos sens, ouvrez votre esprit… » |
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Route de montagne, 2009, ready-made, liquide, édition 1/2 Les 25 cadres posés par terre composent une série d’images, chacune en forme de carré prédécoupé. Ces surprenants puzzles psychédéliques reconstituent virtuellement un buvard déjà bien connu, celui représentant Albert Hofmann sur un vélo. Chaque image, en apparence une abstraction colorée, est en fait un ticket pour un voyage pas si ordinaire…
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Rock’n’Roll Virgins, 2009, tirage sur papier marouflé sur un contreplaqué, latex La théorie physique de supersymétrie, qui passionne Mathieu Briand, unifie des matière, énergie et espace-temps où chaque chose existante possède sa réflexion. Fidèle à cette règle d’équivalence, l’artiste a réuni deux représentations des Vierges aux Rochers par Léonardo da Vinci. Jamais exposées côte à côte, ces œuvres célèbres prennent, grâce au contexte imposé, une nouvelle signification (le choix fait par l’artiste est un principe même du ready-made). Ainsi, ce n’est pas ce qui rassemble mais ce qui diffère entre ces deux œuvres qui marque leur importance et recèle leur mystère. Inventée par Leonardo da Vinci, la technique révolutionnaire de sfumato estompe les contours dans un brouillard mystique. Tout se joue, encore une fois, à la frontière… |
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NosivisioN, 2009, installation vidéo, TV Brion vega, iPod Nano, édition 1/3 +1AP Cette vidéo, un « document imaginé », rassemble des extraits parvenant de diverses archives. Elle raconte la fascination des psychotropes qui est à l’origine de l’effervescence de plusieurs contre-cultures, comme la « beat génération », les hippies, le rock, la techno etc… Unifiant des images choisies arbitrairement, l’œuvre nous livre une métaphore de son principe fondateur : la recherche des outils mentaux permettant d’appréhender les liens entre des choses différentes (comme l’inframince, la supersymetrie, le LSD) et la quête de la maitrise de la conscience. L’art est une cosa mentale (chose de l’esprit) par excellence, le concept de Léonardo da Vinci réactivé par Marcel Duchamp est toujours vivant ! |















