| MATTHIEU CLAINCHARD | |
| A LISTENING ROOM | |
| INIGO CABO, MATTHIEU CLAINCHARD, TAL HADAD, FRANCK LEIBOVICI, BETTINA SAMSON, VITTORIO SANTORO, ERIC STEPHANY | |
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Pink, Brown, White, 2008, bruits colorés, séquences aléatoires, matériel de diffusion, chaque couleur 134 x 91 x 61 cm Dans toute transmission, il existe un rapport entre signal et bruit, entre "message" et "perturbations". Les bruits sont utilisés en électronique soit pour tester soit pour enrichir les signaux, ils accompagnent ce que nous entendons et font sa texture. Matthieu Clainchard applique un principe d'abstraction pictural au domaine du bruit. Ses trois grands modules sonores composent un grand monochrome paradoxal. Chacun des sound-systems diffuse un type différent de bruit : bruit « blanc » (un signal aléatoire émis à la même puissance sur toutes les fréquences du spectre sonore), bruit « rose » (version pondérée, c'est-à-dire, adaptée à l'oreille humaine de ce dernier bruit) et bruit « brun » - « Brown » (d'après le nom du mathématicien qui découvrit son algorithme, comportant un plus grand degré d'aléatoire que les autres types de bruit). La sculpture se présente ainsi comme une structure chromatique invisible, brouillant les idées d'absolu et d'autonomie traditionnellement liées au monochrome dans les arts visuels. L'égarement du signifié dans la traduction ou les limites de la synesthésie sont aussi des questions que cette structure met en relief. On connaît davantage les activités de Matthieu Clainchard (1973) sein de collectifs d'artistes : les Bad Beuys Entertainment fondé en 2000 et dont les actions visaient à développer de nouvelles formes de sculpture sociale en résonance avec la culture urbaine, et Le Commissariat fondé en 2006 avec trois autres artistes pour développer une pratique de l'exposition sur un mode plus ouvert et spontané. Dans son travail, Matthieu Clainchard s'intéresse avant tout à la question du contexte, il cherche à en pointer les dysfonctionnements et générer des "fictions réelles". Le quotidien urbain est son champ d'action. L'artiste met en évidence le jeu des simulacres sur lesquels se fonde l'idée de communauté et d'appartenance (les marques, la télé, le cinéma, Disney...). Sa pratique tend à déjouer les clichés et leur immédiateté en gelant certains moments, en freinant la perception et en poussant la logique dans ses derniers retranchements. Il crée des monstres inspirés de la plastique et des sonorités du monde (du réel) par une pratique de mésusage (dérèglement, inadéquation de standard, dérivation, mode bug, etc.) et la mise en œuvre par des dispositifs qui procèdent à des décalages, des réajustements, appliquées à des objets quotidiens et des biens culturels. En utilisant des machines pour produire des images et du son, mais aussi en utilisant le matériau de la logistique de type évènementiel (happening) afin de modifier des situations, des contextes - d'obtenir des arrangements, des remixes, des customs du réel. Parmi ses derniers projets, on pourrait citer : 2 pièces muettes / Rassemblement pour repeindre à La Planck / Air de Paris et à la galerie Léo Scheer en 2008, ainsi que des participations dans des expositions de groupe comme Enlarge your practice à La Friche de la Belle de Mai à Marseille, Cosa Nostra à Glassbox, Paris ou bien Arty Report from Suburbia à la galerie 54 de Goteborg (2007). |
ph. Rémy Lidereau |
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